30 novembre 2008
Stop the pain, Stop the Rhube
'Oula, j'ai un petit rhube je crois... t'as pas du miel ? ' ... Quand la conscience professionelle est telle qu'on tombe malade avant le week-end, il n'y a plus qu'à rester au chaud (quel drôle d'idée quand on vit en Egypte, n'est-ce pas?). Alors je regarde le beau ciel bleu par la fenêtre, j'oublie un peu que je suis en Egypte, je me dope et ...
... Je lis...
The Open Door, un roman de Latifa Al-Zayyat (militante féministe et nationaliste égyptienne, professeure d'université et écrivain), publié en 1960, à l'aube d'une littérature féminine arabe.
C'est l'histoire de Layla, une héroine qui pourrait ressembler à son auteur.
C'est l'histoire de l'émancipation féminine d'une jeune fille égyptienne et de son éveil à la politique au travers de la lutte de libération nationale, des années 1040 à 1956. (Années qui témoignent de la révolte contre la colonie britannique, du coup d'Etat militaire contre le Roi Farouk, de la proclamation de la République et de son président : Gamal Abdel Nasser...).
It is in engliche so... maybe je loupe certaines nuances. Mais, pour le moment, le livre est assez prenant
... et j'écoute... Bob Dylan...
Découvrez Bob Dylan!
Bref, tout ca pour dire que je suis malade...alors je suis pas over the blog ! Attention aux microbes cairotes les amis ! Faudrait pas tomber malade avant l'Aïd hein ?
Demain et tous les jours de l'année...
26 novembre 2008
Episode II : C'est moi qui ai dit ça ?
Après avoir admis l'indispensable égyptianisation par défaut comme moyen de survie du quotidien, nous pourrions nous arrêter là. Après tout, arrondir un peu nos principes devrait déjà nous permettre d'évoluer plus facilement dans l'environnement cairote. Et bien que nenni ! Sans même y prendre garde, voilà qu'un jour on se rend compte que l'égyptianisation positive nous a gagné également...
Qu'est-ce que l'égyptianisation positive ? Disons que, contrairement à celle par défaut avec laquelle nous adaptons ce que nous connaissons déjà, ici il s'agirait plutôt d'adopter des comportements qui nous étaient jusque là inconnus...
Petite illustration ou un dialogue improbable issue d'une égyptianisation positive
Après avoir reçu un papier de la poste écrit en arabe disant de venir chercher le colis que j'attendais depuis longtemps:
- On demandera au bawab s'il peut aller le chercher.
- Ouais...
- Mais ?... Tu crois qu'il sait lire ?
- Euh ?.. Oui je crois... J'ai l'impression en tout cas, ou sinon, j'essaierai de me débrouiller pour trouver la bonne poste.
Sorti de son contexte, ce dialogue parait irréel ! Mais j'ai effectivement prononcé ces mots tellement naturellement que j'ai été prise de surprise. Parce que c'est 'normal' ici et donc, ça en devient donc presque "normal" pour nous.
Phrase 1 ou comment automatiquement penser que le bawab peut s'en charger à votre place.
Quand je suis arrivée en Egypte, le concept du concierge qui se charge de tous vos menus travaux me dépassait complètement. D'ailleurs, mon premier bawab ne sait jamais complètement remis de me voir habillée en guenilles aux milieux de mes éponges à frotter le nouvel appart, ou encore à jongler avec les pinceaux pour refaire les peintures. 'Tu es sûre que tu veux pas que je le fasse ? Je peux dire à ma femme qu'elle vienne frotter si tu veux ?' euh... Non merci, vraiment... Différence culturelle majeure: 1/ Je n'avais rien d'autre à faire à cette époque et ça occupait bien mes journées. 2/ Les Egyptiens, on dirait qu'ils comprennent pas qu'on puisse réellement prendre plaisir à faire des travaux nous-même...
Mais les mois passent.... entre temps j'ai eu le temps d'observer et d'expérimenter la vie quotidienne. Et puis, tout le monde a bien pris soin de m'expliquer comment fonctionne le pays. Finalement, on vit dans une société de services, poussé à l'extême !Aaaahhh ! S'ils savaient que "chez nous" on tient notre maison tout seul, on fait les courses, la cuisine, le ménage, le repassage, etc... On a pas de chauffeur, pas de cuisinière, et pas forcément une femme de ménage, pas de Boy dont le travail est simplement de nous servir et qui prend en charge tous les trucs chiants du quotidien, si bien que finalement la vie parait plus simple. Non non, y'a pas ça chez nous autres les 'étrangers'.
Alors quand on arrive au Caire, il faudrait que tout d'un coup, hop, on s'y fasse parce que refuser de rentrer dans le système, ça peut les vexer... ça peut donner l'impression qu'ils font pas bien leur travail... Et puis, surtout, soyons honnête, c'est un complément de salaire qui s'envole et ils survivent aussi grâce à ça et 'grâce à nous'. Pour nous c'est donc pas forcément un problème d'argent (parce qu'ici, c'est vrai, on a plus les moyens qu'en France), c'est surtout qu'on ne connaît pas et ça prend du temps pour s'habituer : Je dois donner combien ? C'est tout ? Mais c'est que dalle, on peut pas donner plus ? Ah non ? Après ils abusent ? RRRRrrrrrrhhhh c'est compliqué !!
Mais pour qu'on s'habitue plus vite, ils savent y faire ! Quand tous les jours on vous demande "Besoin de quelque chose ?" et qu'on répond "Non... merci...", on finit par culpabiliser : Oui Oui, on finit par se dire "Faut trouver quelque chose !". Dans le quartier, ils ont finit par comprendre que je suis une bonne cliente locale alors ils insistent plus pour les livraisons de toute sorte. Mais, il faut trouver autre chose... Et là, par exemple, je suis toute contente quand on a plus de gaz ! Voilà une chose que je peux pas faire ! Et bien pour le colis, c'est le même principe : je pourrai partir en croisade "Allons à la poste pour récupérer le colis", ça pourrait être une expérience folle et en langage des signes, ça pourrait être GENIAL !! Mais ma première réaction a été: on demandera au bawab s'il peut aller le chercher. Egyptianisation positive...
Phrase 3 ou comment complètement intégrer qu'une partie de la population égyptienne est analphabète.
Alors ça ! Faut dire que c'est encore moins facile à intégrer... Et après une expérience malheureuse où j'ai supposé naïvement que la personne en face de moi saurait déchiffrer le mot écrit en arabe sur mon dico, j'ai vite compris qu'ici, savoir lire et écrire, c'est pas une évidence... Alors se poser cette question, c'est pas si irréel que ça. Egyptianisation positive malheureuse...
Dans nos prochains épisodes: le bakshish, les tics de langage, et comment tout le quartier connaît ma vie sans que j'en parle à personne. A suivre !
24 novembre 2008
Epidode I : Comment ça je m'égyptianise ?
Qui n'a pas déjà prononcé ou entendu une petite phrase du style : "Oula, mais tu t'égyptianises !" Je sais pas pour vous, mais moi je sais pas trop comment la prendre cette phrase...
L'égyptianisation, c'est le fait de donner à tous les secteurs de la vie culturelle, économique et sociale le caractère, l'identité propre de l'Égypte. En gros, c'est devenir un peu égyptien(ne) et adopter leur manière de vivre et leurs petites caractéristiques bien à eux... Non, soyons honnête ! S'égyptianiser, c'est devenir Egyptien ! Ca marche avec d'autres pays, mais quand c'est égyptien, ça sonne un peu comme une critique vous voyez...
Alors question : Est-ce qu'il y a une bonne et une mauvaise égyptianisation ??
Tout dépend des caractéristiques qu'on adopte après tout ! Si on vous dit que vous vous égyptianisez quand vous trainez des pieds: c'est une critique. Si vous êtiez la personnification du stress absolu, et qu'on vous dit "ça va, tu t'égyptianises", et bien, c'est plus positif, ça veut dire que vous êtes devenu plus cool sur certaines choses... et c'est pas mal non ?
EPISODE 1 : L'égyptianisation par défaut...
Parce que pour vivre en Egypte, il FAUT s'égyptianiser un peu. Minimum syndical. Alors, il y a l'égyptianisation par défaut, c'est-à-dire laisser de côté certains de nos comportements européens... en tout cas, ceux qui ne peuvent pas s'accorder avec le pays. Genre : hyper extra maniaque à la limite du TOC qui ne supporte pas un grain de poussière : s'abstenir ! Hyper mega accroc aux règles et aux respect des règles quelles qu'elles soient et qui serait prêt à faire un scandale ou la morale à chaque entorse : s'abstenir encore plus ! Cette égyptianisation là, elle est vraiment nécessaire, que dis-je, indispensable ! Il faut lâcher du mou... Et ça se manifeste par des maalesh (pas grave) du quotidien.
Ce qui n'était pas maalesh ailleurs, devient maalesh ici.
Savoir mettre de côté certains principes... Exemple : Quand vous allez au marché, si vous attendez patiemment que votre tour vienne pour mettre vos légumes sur la balance, prévoyez votre matinée. Il y a toujours un espoir que le marchand aie pitié de la petite Khawaga (l'étrangère, la touriste), mais s'il doit gérer une dizaine d'Egyptiennes qui se bousculent autour de lui, en négociant le prix au dessus de ses poids en plomb, il ne pourra pas vous aider. Dans ce cas précis, l'égyptianisation par défaut c'est donc d'oublier le concept de faire la queue, chacun son tour, et jouer des coudes pour être servi !
Mais attention ! Laisser de côté certains principes ne veut pas dire cautionner et adopter ceux qu'on découvre ! Il y a une petite nuance qui vient en pratiquant...
Savoir défendre ses principes quand même... Dans le même esprit que l'exemple précédent... L'autre jour, dans une épicerie du quartier, j'étais penchée sur un congelateur, quand soudain une Mme Egyptienne m'a complètement giclée de ma place d'un coup de fesse/épaule pour faire ce qu'elle avait à faire, c'est-à-dire la même chose que moi sauf que j'étais là avant et que ce jour là, j'étais vraiment pas d'humeur... J'ai eu envie de lui crier : "Eh OH ! Mon père est vitrier ou quoi ?? Je suis transparente !". Mais comme je parle arabe aussi bien que polonais, j'ai fait comme j'ai pu...
C'était de l'ordre "duel poid plume débutant VS poid lourd en galabeya" : Volte face "Eh Oh !! Ana ena (je suis là)" (oui j'ai un vocabulaire limité...), coup d'épaule, reprise de place initiale, poursuite des achats. Non mais ! Evidemment La Mme s'est mise à me hurler dessus criant certainement au scandale devant tant d'impolitesse : Ici on est face à une différence culturelle majeure car nous ne plaçons pas la politesse au même niveau.... A l'origine de la rixe, je défendais MES principes de savoir-vivre (chacun son tour, respect des autres), mais ma réaction (pourtant identique à la sienne) est parue impolie... hum... Considérant qu'une autre dame a pris ma défense ouvertement, je me dit que l'Egyptianisation par défaut est maitrisée
La liste serait longue n'est-ce pas ? garder ses papiers dans le sac et les jeter quand il y a une poubelle (c'est-à-dire chez soi..), continuer à dire Bonjour, S'il vous plait, Merci, Au revoir...
S'adapter au pays ne veut pas dire en adopter tous les comportements.
Mais pas facile de s'égyptianiser ce qu'il faut mais pas trop !
La suite dans l'épisode 2 : l'égyptianisation positive, où comment se surprendre à adopter des comportements qui nous étaient inconnus auparavant. (Bokra Insh'allah)
21 novembre 2008
Khamsa Design
Inutile de présenter le magasin Oum El Dounia, caverne d'Ali Baba de tout expat au Caire, et pour ceux qui ne connaissent pas encore... Non c'est impossible ! mais dans le doute : allez y ! c'est là qu'on trouve nos cadeaux de Noël, là qu'on emmène nos visiteurs pour qu'ils ramènent leurs cadeaux souvenir, et qu'on trouve de la déco orientale mais pas kitch pour nos appart.
Depuis l'extension du magasin, on a pu remarquer de nouvelles collections sans vraiment savoir d'où elles proviennent. Voici donc une selection de mes produits chouchous...
Ca vous dit certainement quelque chose hein ? Il s'agit de la collection de sacs et accessoires Khamsa Design lancée par Cécile Lacorre, créatrice d'accessoires française en Egypte. Les filles de Maadi la connaissent déjà bien puisqu'initialement elle vendait sa collection lors de portes ouvertes chez elle. Depuis qu'elle vend ses créations dans deux points de vente au centre-ville et à Zamalek, nous autres filles sommes bien contentes de pouvoir en profiter !
J'ai complètement craqué sur la pochette dorée !! Mais comme je suis avant tout hyper sympa (si si je vous assure... je suis pas toujours en train de me plaindre), je l'ai offerte à une copine qui a adoré le doré ahah ! j'adore aussi la liseuse...
Donc, si par hasard il y a rupture de stock chez Oum El Dounia ou si vous souhaitez d'autres modèles, d'autres couleurs, n'hésitez plus à contacter Cécile Lacorre directement via son site internet : http://www.khamsadesign.fr/index.html
Mais ce n'est pas tout, allez faire un tour sur Le Coin des Designers : http://www.designers-corner.com/index.php
Adresses utiles...
MOUNAYA GALLERY
16, Mohamed Anis street
Of Mohamed Mazhar Street, Opposite Safir hotel, ZAMALEC, CAIRO -
Tel : +2023736 47 27, ouvert du lundi au samedi 11h à 19 h
Info@mounaya.com
OUM EL DOUNIA
3,Talaa't Harb street
1st floor, CAIRO -
Tel : +202393 82 73, ouvert 7 jours sur 7 de 10h à 21 h
Oumeldouniacairo@yahoo.fr
19 novembre 2008
Cinema Cinema Tchi Tcha ...
C'est parti, Le Caire est "cinéma cinéma" pour 10 jours !
Je n'y pensais plus mais l'évènement s'est invité dans mon salon hier soir... enfin pour être plus honnête, juste l'écho des feux d'artifices qui marquaient l'ouverture du 32ème Festival International du Film du Caire.
Pendant que les people paradaient sur le tapis rouge, je me suis offert un petit apéro sur ma terrasse en contemplant les lumières du ciel... Ô la belle bleue Wahou, une rouge whaaaou, bouquet final whaaaaooooouuuu !! Et oui, on se détend comme on peut !
Programme... Même si on ne fait pas partie de la classe hype qui participe aux festivités (pfff... ah non, puisque je m'en fous...), le Festival du Film donne une occasion supplémentaire d'aller au ciné et de voir plein de films !! Cliquez sur le programme pour découvrir où voir les films de la selection dans toutes les salles de cinéma du Caire.
Bon, j'aimerai vous dire que je vais en profiter pour découvrir les merveilles du cinéma Lithuanien ou Hongrois, mais que voulez-vous, faut faire des choix ! Alors, je dois assumer ma part de chauvisme bien français, et je vais en profiter pour voir (ou du moins, essayer de voir...) L'empreinte de l'ange, un film de Safy Nebbou avec Catherine Frot et Sandrine Bonnaire, qui est en compétition officielle. On peut le voir Jeudi 27 Novembre à 19h au Cinéma Renaissance Nile City (Twin Towers, Corniche El Nil, Tel: +20 2 461 9101)
Il y a Gomorra, qui a remporté le Grand Prix au 61e Festival de Cannes, une adaptation du best seller qui vaut à son auteur Roberto Saviano d'être en danger de mort pour avoir osé parler de la mafia napolitaine...
Le Festival met à l'honneur le cinéma espagnol dont on peut voir une large selection de films au cinéma Galaxy (67 Abdul Aziz Al Saud St., El Manial. Tel: +20 2 532 5745).
Et puis, quand même, j'aimerai bien voir un film égyptien... Et n'oublions pas que le CFCC programme aussi des films français pendant toute la durée du festival. On se dit qu'on a plus de chance de voir des films là-bas qu'ailleurs, mais il faut y croire !
Indiscrétion de festival... Les Egyptiens ils se plaignaient que leur festival "Internationole" n'attire pas vraiment de stars "Internationole". Et bien figurez-vous, qu'il paraitrait, mais attention attention, it is very confidentiol, que Alicia Silverstone, Susan Sarandon, Kurt Russel, Goldie Hawn, Charlize Theron, Mira Sorvino, et Stuart Townsend sont en Egypte en ce moment même ! Oui oui, ne me remerciez pas d'éclairer votre journée avec cette information capitale ! A vot' service messieurs, mesdames !
Question du moment : est-ce que les films sont censurés pendant le festival ???
Non mais parce que franchement, y'en a raz le bol des coupures inutiles et mal faites ! Excusez l'emportement, je me remet toujours pas de la censure dans James Bond ! Non mais James Bond quoi ! On sait bien qu'on voit jamais rien qui fâche dans James Bond ! Et bien, même une p'tite p'tite mini scène où, on présume parce qu'on l'a pas vue, la rouquine a un drap négligemment posé sur elle qui laisserait peut-être entrevoir un bout de peau, mais là encore, on sait pas parce qu'on l'a pas vue, et bien même cette scène est coupée, tranchée ! Ca passe pas ! Plan suivant ! Peu importe d'ailleurs si la demoizelle en question était en train de dire un truc utile pour la suite de l'histoire (or, on connait l'importance des confidences sur l'oreiller...)
Impossible que le festival du film du Caire pratique la censure parce que justement il est international... Mais, je me pose cette question parce que, fin août, le film du marocain Nabyl Ayouch "Whatever Lola wants" qui devait faire l'ouverture du festival du film d'Alexandrie, a été déprogrammé dans un claquement de doigts 48 h avant le festival. Coupé, tranché ! Ca passe pas ! Film suivant ! (voir l'article d'afrik.com). Pourquoi ? Apparement, ça ne donne pas une belle image de l'Egypte et puis ca aborde des sujets tabous ou subversifs: une américaine, qui a un ami homo, qui tombe amoureuse d'un égyptien qui se révèle être un peu conservateur, et qui veut être danseuse orientale... ca fait beaucoup pour un seul film ! En tout cas, le film a eu une bonne critique partout ailleurs...
Bon cinéma à tous !!
18 novembre 2008
Mon beau sapin !
Il ne reste que 37 jours avant Noël !!! YEAH !! Bientôt le retour à la maison, les fêtes de famille, les soirées entre amis ! Bientôt la bonne bouffe ! Bientôt le grand froid, les pulls - manteau - écharpe - gants... Bientôt l'air pur qui décolle les poumons... Aaaahh Noël ! J'adoooore ! J'adore tellement qu'il faut déjà que je me retienne de demander tous les jours "quand est-ce qu'on rentre ?".... (oui, je sais, on est le 18 novembre, et ca craint de déjà penser à ça...)
Mais ça, c'est mon Noël parce que j'ai la chance d'être chanceuse et de toujours passer les fêtes de fin d'année dans la joie et la bonne humeur familiale. Mais Noël, c'est aussi la période de l'année où, à défaut de le faire le reste du temps...., on pense aux autres qui n'ont pas notre chance. Depuis que je vis au Caire, j'ai d'autant plus de mal (encore plus qu'avant c'est vous dire !) à voir les situations de détresse et de pauvreté quand je rentre en France.
Parce que chez nous, ça devrait pas exister... Ailleurs non plus (ne m'faites pas dire ce que j'ai pas dis !!) mais dans un pays comme le notre, ça devrait encore moins exister !!
Là vous me direz : "Oui, c'est vrai, mais on peut pas donner à tout et à tout le monde...". C'est vrai aussi... difficile de donner une priorité de don à telle ou telle organisation ou association... Mais avant de se décider ou pas, il reste 37 jours et pendant ce temps, vous pouvez faire quelque chose de bien, qui ne coûte rien, et qui donnera un peu de bonheur (et des cadeaux !!!) aux enfants qui n'en auront peut-être pas beaucoup si on ne clique pas sur Mon Beau Sapin. C'est un site de BD en ligne à l'initiative de Pénélope Bagieu en partenariat avec La Croix Rouge Française.
Le principe ? Des dessinateurs proposent des planches de BD tous les jours. Nous, internet addict, on visite le site tous les jours aussi. Ca fait donc beaucoup de visiteurs parce qu'on en parle autour de nous. Et à la fin, la Croix Rouge convertit le nombre de visiteur en Argent avec lequel elle achète des cadeaux aux enfants ! Pas mal hein ?
16 novembre 2008
Mme Moubarak, ou le féminisme adapté
J'avais décidé de laisser la politique hors de ce blog parce que finalement, je n'ai que des avis comme d'autres en ont...
Mais la Première Dame d'Egypte me pousse dans mes retranchements lorsqu'elle " minimise cette semaine l'étendue du harcèlement des femmes en Egypte, parlant d'une exagération des médias et accusant implicitement les islamistes d'enfler le phénomène." (voir la Depêche AFP en anglais)
Ainsi, elle déclare que "Peut être un, deux ou dix incidents se sont produits. L'Egypte compte 80 millions d'habitants. On ne peut pas vraiment parler de phénomène". Or souvenez-vous de cette enquête du Centre Egyptien pour les Droits des Femmes qui portait à 48,4% le nombre d'Egyptiennes victimes de harcèlement. Oui, il est vrai qu'à ce jour, seuls 2 hommes ont été condamné pour harcèlement (un jeune homme de 19 ans a été condamné à 1 an de prison aujourd'hui pour avoir tenter d'agresser sexuelement des jeunes femmes pendant l'Aïd.). Mais condamnation ne signifie pas incident, si ?
Et faisant allusion aux militants Islamistes qui verraient dans ce phénomène un moyen de récupération politique, elle ajoute " Et peut-être que certaines personnes voudraient faire croire que les rues egyptiennes ne sont pas sures pour que les filles et les femmes restent à la maison. Cela pourrait être leur programme".
Incroyable mais vrai, Suzanne Moubarak, dont le cheval de bataille est le statut de la femme arabe dans la société, envoie un message bien triste à ses concitoyennes.
On aimerait comprendre... Comment Mme Moubarak arrive à passer aussi facilement de Première Dame Féministe à Première Dame Politicienne ?
Casquette Première dame féministe...
Suzanne Moubarak est vue et présentée comme un monument du féminisme contemporain. Parmi de nombreuses associations et fondations, elle a créée en 2000 le Conseil National de la Femme qui consiste à "suggérer les politiques générales et les plans de développement de la femme pour qu'elle puisse bien exercer son rôle social", et à qui les Egyptiennes doivent notament les avancées en matière de divorce en faveur de la femme.
C'est elle encore qui est à l'origine de l'Organisation de la femme arabe, une organisation gouvernementale spécialisée, dans le cadre de la Ligue arabe, qui vise à renforcer la coopération et la coordination arabe conjointe dans le domaine d'évolution de la position de la femme, et la consolidation de son rôle dans la société.
La semaine dernière, Mme Moubarak participait au 2ème congrès de l'OFA, à Abou Dhabi (Etat des Emirats Arabes Unis) sur le thème “la femme dans la notion et les questions de la sécurité humaine : approches arabe et internationale”... Quelle ironie n'est-ce pas ?
C'est justement parce qu'on ne peut pas lui reprocher de ne pas être concernée par les problèmes que rencontrent les femmes arabes, et donc les Egyptiennes, que ses déclarations sont d'autant plus rageantes !
Casquette Première dame politicienne...
Suzanne Moubarak a beau être engagée, elle est aussi et SURTOUT la femme d'Hosni Moubarak au pouvoir depuis... 27 ans ! (En mandat français, ca signifie 2 fois Mitterrand, 2 fois Chirac, et 1 Sarkozy en cours...).
Elle est donc plus qu'une simple première dame qui fait dans le social pendant le mandat de son mari. Elle est Moubarak. Elle représente le pouvoir. Elle est l'Egypte. Et on le sait bien : il ne faut pas donner une mauvaise image du pays ! La couverture médiatique du harcèlement sexuel en Egypte, mais aussi à l'étranger, n'est pas bonne presse... La récupération politique du "phénomène" est dangereuse pour le pouvoir... Etouffer les polémiques, calmer les esprits, ne rien dramatiser... Pourrait-on y voir une raison à ces déclarations ? Allez savoir...
On peut supposer que, sur le problème du harcèlement sexuel, Suzanne Moubarak a préféré l'Egypte aux Egyptiennes...
No more comment... Sauf un...
Vous pensez que ça raisonne comment aux oreilles des hommes dans la rue ?
Photo AFP.
15 novembre 2008
Attempt of love in the city...

Toutes les femmes du monde ont un point commun : elles recherchent l'Amour, avec un grand A. Influencées par les contes de fées ou par les histoires d'amour qui finissent bien comme au cinéma, c'est un peu l'espoir inavoué qu'un jour viendra leur tour... Au fond, nous sommes toutes des petites filles qui veulent croire au prince charmant et espèrent, un jour, trouver leur âme soeur, s'abandonner à lui en pensant que plus rien ne peut nous arriver, puisqu'IL est là...
Lorsque ce jour arrive enfin, l'Amour frappe le coeur et on devient une amoureuse, on ne contrôle pas, on ne choisit pas, on vit - tout simplement - parce que l'amour nous transporte dans un état de bonheur parfait et de sérénité dans lequel on se sent bien. On aimerait que cela dure toujours...
Il y a encore quelques mois, mes amies égyptiennes étaient des amoureuses. De vraies amoureuses qui n'ont pas choisit celui qui faisait battre leur coeur, mais des amoureuses heureuses. Depuis quelques semaines, chacune à leur tour, mes amies égyptiennes pansent leur plaies au coeur. Car l'amour, même s'il est un colosse, ne gagne pas toutes les batailles.
Quand le courage d'aimer s'épuise à force de lutter...
Il y a quelques mois...
Il y avait M. qui vivait une histoire d'amour avec un homme bien, gentil et drôle. Avec lui, elle se sent libre, elle a le sentiment de vivre pleinement, comme elle l'entend. Elle l'aime, profondément. Tout pourrait être parfait sauf qu'il y a un problème... ils n'ont pas la même couleur de peau.
Il y avait A. qui a rencontré l'homme de sa vie. Ils se sont vus, se sont reconnus et se sont aimés passionnément depuis cet instant. Un conte de fée sauf qu'il y a un problème... elle est musulmane, il est chrétien.
Il y avait S. qui a quitté pour quelques mois sa Hollande natale afin de redécouvrir le pays de son père. Coup de foudre pour l'Egypte et pour un Egyptien. Elle décide de tenter l'aventure, de tenter l'amour, pour ne pas avoir de regret, et vient s'installer au Caire pour donner une chance à leur histoire.
Il y avait H. mariée, heureuse. Heureuse, c'est ce que tout le monde croyait tant son sourire et son humeur étaient chaque jour un modèle de stabilité. Heureuse, elle ne l'était pas vraiment, en secret elle pleurait.
Il y a quelques semaines...
M. a décidé avec courage qu'il était temps de sortir sa relation de la clandestinité. Après avoir longtemps laissé entendre à ses proches qu'elle " voyait quelqu'un ", elle a finit par leur dire de qui il s'agissait. Une couleur de peau en amitié ne semble pas problématique mais en amour la différence est interdite. Même dans une famille ouverte : Ca ne se fait pas.
A. veut vivre son amour, elle veut se marier, avoir des enfants. Alors avec son amoureux, ils engagent chacun de leur côté la bataille contre la religion. Ils sont prêts à l'abandonner pour être heureux ensemble. Mais chez les musulmans comme chez les chrétiens : Ca ne se fait pas. Les Sheikh à qui elle demande conseil et soutien sont unanimes, elle doit oublier CA (l'amour) et se remettre dans le droit chemin.
S. est de retour, elle s'attendait à une belle histoire d'amour et découvre qu'amour il y a mais il doit désormais se vivre dans le respect des traditions et de la culture. Veut-il qu'elle se voile ? Veut-il qu'elle taise ses comportements occidentaux un peu trop libérés ? Autant de questions qu'elle n'ose qu'à moitié poser de peur d'en entendre la réponse... Et puis, il y a cette autre, sa concurrente qui, elle, est bien sous tout rapport.
H. est partie. H. a disparue un jour, emportant avec elle toutes ses affaires. Changement de numéro, elle devient injoignable. Personne n'y croit et pourtant... H l'a quitté.
Aujourd'hui...
M. s'apprête à se fiancer avec son ami d'enfance qu'elle connaît depuis toujours. Les familles s'entendent bien. Elle mène la même vie que ses amies, sans problème. C'est un garçon bien - vraiment - il s'occupe d'elle, la soutient, et il l'aime, profondement. Tout va bien donc. Tout est rentré dans l'ordre. Est-ce qu'elle l'aime autant que... "Oui oui... répond-elle timidement, il est gentil, on s'entend bien et puis... on vient du même milieu."
A. a quitté son voile, ne pratique plus sa religion, mais fait semblant... Son amoureux est aujourd'hui son "meilleur ami, tu vois ? on est très proche mais... ni sa famille ni la mienne n'acceptent alors..."
S. est aujourd'hui dans l'avion qui la ramène chez elle. Elle a eu peur, elle a essayé, ça n'a pas marché. Elle va soigner son coeur blessé auprès des siens. Lui n'a pas choisit l'amour mais l'autre Egyptienne, la vraie, celle avec qui tout sera plus facile.
H. est en pleine procédure de divorce. "Ca prendra le temps qu'il faut, le plus dur est fait " avoue-t-elle. Aujourd'hui, H. est heureuse, elle a retrouvé sa vie, ses amis, un travail passionnant. H, a retrouvé un vraie sourire et une vraie joie, et on peut maintenant voir la différence du sourire d'autrefois qui semblait pourtant si sincère.
Mes amies égyptiennes ont des points communs : la joie de vivre apparente, la pudeur de parler de la vie privée mais surtout elles sont courageuses. Et ce long post est un hommage à leur courage d'avoir tenté d'aimer.
Et à mes amies françaises qui ont aussi connu les mêmes batailles d'amour...
12 novembre 2008
Contraception : enfin un Plan B !
Quand on vit à l'étranger, que l'on soit en couple ou célibataire, il y a toujours un moment où la question du contraceptif se pose et là, c'est une vraie galère ! On a beau être prévoyante, on a beau être vigilante, on a beau tout faire pour ne pas avoir à gérer ça depuis l'Egypte, la tuile peut toujours arrivée, personne n'est à l'abri...
Et il faut un PLAN B ! Une réponse à la capote qui craque, à l'oubli de pillule, à la dépanne d'une ou deux plaquettes quand la date de retour en France ne coincide pas avec le reste du stock... Il faut donc savoir où trouver SA pillule ou son équivalent, savoir où trouver une pillule du lendemain en cas de lendemain qui ne chante pas. Avouons que rien que d'y penser, on en a des sueurs froides ! Alors : Comment demander une pillule contraceptive ou une pillule du lendemain dans une pharmacie égyptienne ! Ou trouver ? Que demander ?! et surtout comment ?....
L'université de Princeton nous enlève une sacrée épine du pied et leur initiative est Géniallissime !!! Des spécialistes de l'université ont lancé un site internet sur la Contraception d'urgence afin de fournir une information complète aux femmes sur ce sujet. Quel est le rapport avec nous ? Le site comprend une base de données par pays où l'on peut trouver le nom et les contraceptifs disponibles en Egypte et ailleurs !
N'hésitez pas à en parler autour de vous pour les amies en Egypte ou d'en d'autres pays du monde ! Dans un moment de galère, on préfère gérer ça seule... assez utile d'avoir une liste à disposition !
10 novembre 2008
Si Pénélope était Cairote !
Je partage un petit moment de rire quotidien pour celles et ceux (mais surtout celles) qui ne connaissent pas encore la Vie Fascinante de Pénélope Bagieu ou en language blog Pénélope Joli Coeur. Elle est illustratrice et a rencontré le succès au travail grâce à son blog dans lequel elle met en scène sa vie parisienne. Sa recette ? Beaucoup d'humour et d'auto-dérision. On appelle ça The Girl Next Door (ou La Fille d'à côté) à laquelle on peut facilement d'identifier.
Et ses dessins sont du bonheur en blog !
Une illustration qui m'a faite sourire il y a quelques jours !
Pour le coup, ici, on a pas de problème de froid et on pourrait vivre la mode des magazines MAIS... mais... non on peut pas pour d'autres raisons...
Ah si Pénélope était Cairote, je suis sûre qu'elle nous ferait marrer ! Parce que, parlant de décalage : on est servi !






